L'amour débarque à l'improviste, comme par effraction. Un instant, et plus rien n'existe. Soudain, tout est hors temps, hors norme. Soudain, la vie ne fait plus peur. Soudain, on a le coeur en flammes, la tête à l'envers, un vide au creux du ventre. On vit en apesanteur, on a le coeur qui tremble, les idées Upside down. Soudain, vous avez du sang neuf, un coeur nouveau, les idées plus très claires. Vous ne respirez plus que par lui. Parce qu'il vous a délivré de vous. Vous avez faim de sa peau, de ses lèvres, de l'odeur de ses cheveux. Désormais c'est lui qui a les clés. De la porte du paradis. De celle des enfers. Sans lui, vous n'êtes qu'attente. Parce qu'il vous fait vivre vite, parce qu'il vous fait vivre fort. Vous vous enivrez de cette complémentarité qui devient dépendance. Car au fond, vous n'avez toujours voulu que ça : les effusions du coeur, les effusions de sang. Dehors c'est le chaos, le froid, les lettres à l'anthrax, l'invasion de l'Afghanistan, Daniel Pearl qu'on décapite. Mais vous ne vivez plus dans ce monde. Vous avez créé votre propre sanctuaire, un royaume douillet qui ne compte que deux habitants. Dans nos nuits, tout est partage et abandon. Ma tête posée sur son épaule. Nos cheveux emmêlés. La musique sourde du sang dans ses veines. Les cognements de son coeur qui se mélangent aux miens.
«L'amour n'est pas l'amour s'il fane lorsqu' il se trouve que son objet s'eloigne,
quand la vie deviens dur , quand les choses changent le vrai amour reste inchanger.
WILLIAM SHAKESPEARE